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[VIDEO] 9 mois au bout du monde en 9 minutes

Un bain à 3000m d’altitude avec vue sur le Drakensberg ? Le pied !

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Jour 1

IMGP5794En voiture ! Michael et moi partons avec Simon, un étudiant allemand que nous avons rencontré à l’université de Durban, direction le nord des montagnes du Drakensberg. 3h de route, sans encombre. On n’aura connu plus long ! Nostalgie du Bazbus quand tu nous tiens…

Nous arrivons donc à l’Amphitheatre Backpacker où nous resterons 3 nuits. La réceptionniste nous confie nos clés, nous demande si nous mangeons ici ce soir et si nous nous joignons à la sortie au Lesotho qu’ils organisent demain. Les repas semblent un peu cher mais soit, nous n’avons rien à manger de toute manière. Quant à l’excursion au Lesotho, nous avons droit à une présentation très convaincante ! Les photos et les petites anecdotes que nous raconte la réceptionniste ont raison de nous. Nous pensions faire des randonnées de notre côté mais finalement, nous optons pour le Lesotho ainsi que pour l’ascension de l’Amphithéâtre et de la Tugela Fall, la 2ème plus grand chute d’eau au monde ! Et pour occuper notre après-midi, nous demandons comment se rendre au lac du barrage de Sterkfontein, qui a été construit pour récupérer l’eau du bassin de la Tugela dans le cadre du projet Tugela Vaal Transfer Scheme. La récepIMGP5557tionniste nous montre alors une carte et nous avertit tout de même que la route est très difficile et que nous en aurons pour environ une heure.

Et en effet, la route est difficile. C’est même le moins que l’on puisse dire ! Après une vingtaine de minutes sans problème, nous nous retrouvons à slalomer entre les innombrables « potholes » qui jonchent la route. Je comprends pourquoi les locaux plaisantent à propos de ses routes en les appelant les « african massage roads ». Nous devons même très régulièrement rouler à contre sens pour rouler à peu près sereinement ! C’est les babouins que nous croisons sur la route qui doivent bien se marrer…

Mais ça en valait la peine ! Une fois arrivés, le décor est splendide. Eau bleue azur, montagnes à perte de vue… Pour un peu, on se croirait dans un fjord norvégien en plein été. Sauf qu’en Norvège, il n’y a pas de zèbre ni d’antilope à rôder aux alentours ! J’opte pour une petite baignade. L’eau est fraîche mais pas trop. C’est clair que comparé à la température de la mer à Durban, il n’y a pas photo, mais bon… Je me dis que je rentre dans un mois en Bretagne et qu’il va bien falloir s’y faire !

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Il est déjà l’heure de manger lorsque nous rentrons au backpacker. Et je retire ce que j’ai dit à propos du prix du repas. On en a vraiment pour nos 100 rands. Salade grecque en entrée, pavé de rumsteak accompagné de légumes puis crumble aux pommes et glace à la vanille en dessert. Repus ! Pendant le dîner, nous accueillons deux autres personnes à notre table. Nous faisons alors la connaissance de Richard, un anglais originaire de Bristol venu initialement au Cap pour faire du kitesurf, et Cédric, un français (encore un !) qui a quitté son boulot de cuisinier pour profiter un peu de la vie et voyager. Il se trouve que Cédric a passé quelques mois à travailler en Australie alors qu’il ne parlait pas un mot d’anglais. Etant donné son niveau actuel, cela me conforte encore plus à aller travailler là-bas à mon tour ! Richard et Cédric se sont rencontrés à Coffee Bay et ont décidé de faire un petit bout de chemin ensemble. Ils sont donc allés au Kruger National Park puis passent maintenant 3 nuits, comme nous, dans le nord du Drakensberg avant de partir prendre l’avion à Durban pour se rendre au Cap pour la fin de leur séjour en Afrique du Sud et se séparer de nouveau. Cédric repartira en Australie avant d’aller travailler en Nouvelle Calédonie puis en Asie du Sud Est tandis que Richard retournera en Angleterre et déménagera à Londres.

Nous passons le reste de la soirée avec eux autour de quelques bières à jouer au billard ou à regarder le Barca prendre la fessée face au Bayern (4-0). On s’est vite rendus compte que le billard avait l’air d’être plus dans la culture britannique que dans la notre !

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Jour 2

DCIM100GOPRODebout à 6h30, petit déj’ à 7h00 et hop ! Départ à 7h30 pour le Lesotho. Au programme, visite d’une école, balade dans les montagnes, rencontre avec un sangoma (cf. un peu plus loin) puis dégustation de la nourriture et de la bière locale.

A notre arrivée à l’école, un des professeurs nous accueille et nous parle du pays et de la vie des Basotho, les habitants du Lesotho. Le Lesotho est un pays totalement indépendant enclavé au sein de l’Afrique du Sud. La langue maternelle est le sesotho mais les cours sont en anglais. La monnaie est le Maloti, qui a la même valeur que le Rand. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le pays possède sa propre armée, ses propres forces de l’ordre etc… Le pays possède également des réserves d’eau très importantes et des mines de diamants, ce qui lui permet de subsister.

L’école est gratuite. Tous les enfants ont donc accès à une éducation de base. Le seul souci est qu’ils habitent généralement très loin de l’école et qu’ils doivent marcher quelques heures pour y aller. Cependant, très peu d’entre eux ont les moyens pour continuer leurs études après l’école et doivent retourner travailler avec leurs parents dans les champs ou à la ferme. Il est de plus quasi impossible pour eux de partir du pays…

« Getting a visa is quite a mission ! »

DCIM100GOPRONous partons ensuite pour une petite randonnée dans les montagnes du Lesotho. Nous croisons trois enfants jouant devant leur maison. Il y en a un qui nous a adoptés directement. Il a pris nos mains et refusait de les lâcher. Au début, c’était marrant mais plus on s’éloignait et plus ça devenait gênant… Il a fini par rebrousser chemin lorsque nous commencions à grimper un peu plus haut dans les montagnes. Dans les hauteurs, j’ai réalisé que l’on pouvait être pauvre et riche à la fois. Les animaux sont en libertés… Nous croisons bon nombre de moutons, de chèvres d’énormes bœufs, de vaches se baladant où bon leur semble… L’air pur, le calme et la sérénité que nous inspirent les montagnes, les animaux en liberté… Certains rêvent de tout ça mais passent leur vie enfermés dans des bureaux.

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Nous pouvons également observer des peintures sur les rochers datant de l’âge de pierre. Cependant, elles sont très loin d’être en aussi bon état que dans les grottes de Lascaux ! En effet, le gouvernement n’a pas les moyens de les préserver. L’érosion et la destruction par l’homme (certaines peintures sont très nettement « vandalisées ») auront donc raisons d’elles…

DCIM100GOPROA la fin de notre balade, nous regagnons l’école où nous passons un peu de temps avec les enfants qui ont apparemment fini les cours. Autant de gaieté avec si peu, cela fait réfléchir ! Ca court partout, ça chante, ça danse… Ils sont comme des petits fous devant les appareils photos et nous font des « high five » à cœur joie ! Elle est loin, la vie stressante de la ville. Place à l’insouciance !

Après ce moment en apesanteur qui nous a parus bien court, nous partons à la visite d’un sangoma, un soigneur traditionnel. Nous rencontrons donc un homme vêtu d’une robe rouge, de clochettes et de talismans de toutes sortes censés le protéger. Il nous conte sa vie avant d’être un sangoma. Il s’avère qu’à l’origine, il ne pensait pas le devenir un jour. Il était parti en Afrique du Sud pour trouver du travail à Johannesburg jusqu’au jour où il eut une vision qui lui a fait réaliser qu’il était doté des pouvoirs des sangomas. Apparemment, des gens viennent parfois de l’autre bout du pays pour se faire soigner. Personnellement, en tant que bon cartésien, je dois avouer que j’ai un peu de mal à croire à tout ça mais soit… Parfois les Placebos ont du bon.

La suite, et fin, de l’excursion fut un plaisir pour les papilles et un peu rafraîchissant. Nous avons droit à un plat traditionnel constitué d’épinards avec une espèce de pain fabriqué avec du maïs ainsi qu’une bouteille de la bière locale, la Maluti. Pas mauvaise du tout ! Et en Afrique du Sud, j’ai découvert les bouteilles de bière au format 750 ml. Peut-être un petit peu tout much !

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Nous rejoignons ensuite notre backpacker où nous passons une soirée à peu près similaire à la précédente : bières, billard, club espagnol corrigé par un club allemand (Dortmund 4 – 1 Real Madrid). Nous rencontrons tout de même Jambo, Luca et Agnese, trois italiens fraîchement diplômés de l’université de Bozen-Bolzano qui viendront avec nous au sommet de l’Amphithéâtre et de la Tugela Fall.

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Jour 3

IMGP5706Debout à la même heure, de même pour le petit déj’ et le départ. Aujourd’hui, nous grimpons à 3200m d’altitude ! Le début de l’ascension est plutôt aisé malgré quelques passages glissants à cause de l’eau s’écoulant des sommets où la neige fond… Eh oui ! Il peut neiger en Afrique du Sud ! D’ailleurs, nous avons de la chance avec le temps. Nous avons une fois de plus un grand ciel bleu et un soleil de plomb. Je sens que le T-shirt manches longues et la polaire vont bien rester au fond du sac aujourd’hui.

Ca se corse au moment de grimper la gorge qui nous mène à côté de Sentinel Peak. Etant abritée du soleil, il y a encore beaucoup de neige et ça monte pas mal. Il faut avoir une condition physique correcte car l’altitude se fait quand même sentir en plus des efforts à fournir pour grimper ! Ceci dit, cela ne nous empêche pas de faire une bataille de neige… En T-shirt, short et au soleil ! Elle est pas belle la vie ? Encore un moment magique que nous offre l’Afrique du Sud…

Une fois au sommet… Waow… Les paysages lors de l’ascension étaient déjà superbes. Mais là, je dois avouer que je crois n’avoir jamais rien vu d’aussi beau de toute ma vie. Tellement époustouflant… J’ai d’ailleurs du mal à imaginer qu’il puisse y avoir plus beau ailleurs. Comme il n’y a pas vraiment de mots, je vous laisse admirer le paysage où nous avons pique-niqué :

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IMGP5733Nous mangeons en compagnie d’invités de marque : les aigles noirs. Nous lançons même quelques bouts de fromage de nos sandwichs ou quelques morceaux de pommes dans le vide pour assister à leurs numéros de voltige. Majestueux, impressionnants de rapidité et de précision… Nous sommes ébahis rien qu’au sifflement émis lorsque les aigles fendent l’air pour fondre sur leur « proie » ! Nous passons quelques temps encore à admirer la vue avant de nous diriger vers la Tugela Fall pour un petit bain à plus de 3000m de haut ! Plutôt fraîche, mais supportable ! Et puis… une petite baignade avec vue sur le Drakensberg, c’est le pied !

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Nous repartons ensuite pour regagner notre minibus en passant par des échelles en chaîne qui parfois ne s’appuient sur rien du tout. Nous croisons de nombreux babouins. Certains ont même crié et on se demandait s’il s’agissait plutôt de gorilles ou de yetis (bon ok, on n’est pas dans l’Himalaya, ça élimine cette possibilité…) avec le son grave des échos…

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Jour 4

Michael et moi avons passé une mauvaise nuit. Le sommeil trop léger pour passer au-delà du boucan que faisait la chambre du dessus. 1h30 de sommeil. Nice ! Simon, quant à lui, n’a rien entendu…

IMGP5789Bref, ça sent quand même la fin. La matinée est en mode lazy. Cédric est en session bronzette toute la matinée, Simon s’attarde au lit, Michael geeke tandis que je fais une petite partie de ping pong avec Richard. Ca n’a pas l’air d’être une spécialité anglaise ceci dit !

On part aux alentours de 10h30 – 11h pour Cathedral Peak. On promet à Cedric et Richard de rester en contact avant de nous quitter. Richard nous propose même un lit si nous passons un jour à Londres ou Bristol. Très sympa ! Je n’hésiterai franchement pas une minute à l’inviter boire un coup dans un pub londonien.

Une fois arrivés après avoir manqué une fois la sortie pour Cathedral Peak, nous allons à la réception du Cathedral Peak Hotel pour quelques renseignements sur la randonnée dans la Rainbow Gorge. Les lieux sont pour le moins… luxueux… Heureusement que ce n’est que question de 2-3 minutes !

IMGP5808Et hop, nous voilà partis pour notre dernière rando avant de rentrer à Durban et nous confronter à la réalité du rush final de notre projet universitaire… Une fois de plus, il fait beau, il fait chaud. La forêt dans laquelle nous nous rendons nous offre une fraîcheur que nous apprécions largement. Nous passons à travers des forêts de fougères, devant une multitude de cascades, de ruisseaux et de « rock pools » dans lesquelles nous n’hésitons pas une seconde à nous baigner. L’eau est clairement plus froide que dans la Tugela Fall mais nous avions besoin de rafraîchissement et d’un peu de repos ! Enchaîner les randos, ça use mine de rien.

C’est toutefois une autre ambiance que ce que nous avons vécu jusque là. On se croirait presque dans la campagne bretonne où je faisais des cabanes avec ma sœur et ma grand-mère étant petits… Retour en enfance !

Ayant commencé le trail un peu tard, nous arrivons également trop tard pour pouvoir admirer les arc-en-ciel visibles grâce au spray des cascades et au soleil… qui est déjà passé de l’autre côté du versant. Nous devons de plus rebrousser chemin un peu vite pour ne pas avoir à rentrer de nuit. C’est qu’il fait nuit tôt en Afrique du Sud ! Eté comme hiver !

De retour à la voiture, je me suis endormi cash !… Ainsi se termine notre périple dans le nord du Drakensberg.

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