Archives Mensuelles: décembre 2013

All’s well that ends well !

Un pick up attend devant l’hôtel. Sûrement Brett, le fermier qui m’a offert un emploi par téléphone. J’ouvre alors la porte et demande si c’est bien lui. Il a marmonné un truc. J’ai rien compris. Mais il m’a fait signe de monter. En même temps, je vois pas bien qui d’autre aurait pu donner rendez-vous à 4h30 du matin, exactement au même endroit ! Bref, sur la route, le gars écrase des kangourous sans trop de remords, me pose des questions que je suis obligé de lui demander de répéter trois fois avant de comprendre. Putain, l’accent des fermiers de Tiboolburra est impressionnant ! Il y a qu’une question que j’ai pensé avoir compris. J’ai saisi le début « can you drive » suivi de tout une compote de sons dans laquelle j’ai distingué les mots « gear » et « manually ». J’ai dit oui. Mauvaise réponse. Le bonhomme m’a lâché un « Backpackers… You are worms ! » (que j’ai cette fois-ci très bien compris) quand il m’a demandé une heure plus tard de conduire le tracteur… Moi qui pensait qu’il me demandait simplement si je savais conduire des voitures avec une boite de vitesse manuelle… Bien joué Malo ! Le premier jour de boulot commence bien. Au final, jsuis envoyé à planter des poteau. Au moins ça je sais faire. Une autre heure plus tard, le fermier me dit : « This is your boss » en pointant du doigt un bulldozer venant dans notre direction. Je ne savais plus trop à quoi m’attendre… Au moins, je savais que je n’aurai plus rien à faire pour ce raciste des backpackers. En plus, quand j’aperçois la tête de mon patron, j’ai tout de suite eu la banane. Moustache façon gros biker. Je sais pas pourquoi, je sens qu’il est plutôt sympa. Même dans son imposant bulldozer au bord duquel il rase une vieille clôture ainsi que quelques arbres. Il ne s’arrête pas pour me dire bonjour mais un autre pick up (LA voiture de base du fermier australien) le suit de près et s’arrête. Une jeune fille en sort et me fait signe de monter. Elle s’appelle Emily. C’est la fille de Brett, 15 ans. Et déjà mes premières frayeurs dans les dunes. Elle paraît prête pour le Paris Dakar ! On s’arrête finalement quelques centaines de mètres plus loin pour que je me présente à Brett qui me donne pour mission de la journée d’aider Emily. Au programme, réparations de pipelines et approvisionnement du bétail. Cette première journée de travail, bien que longue de facile 15h, passe finalement très vite. Durant la soirée, je suis amené à parler du fameux James. Brett et Jacquie, sa femme, me disent qu’ils n’ont rien à voir avec lui et que son business les fait vomir. OK. Donc a priori, je suis bien tombé.

Ouai… A priori seulement… Les jours suivants sont plutôt désagrébles. Très peu de sourires. Et tous les matins quand je passe dans la cuisine pour le p’tit déj, je lis sur le frigo « I can only please one person a day and today is not your day. Tomorrow doesn’t look good either ». On me parle sur un ton que j’apprécie pas trop. Comme si, parce que mon anglais n’est pas parfait, j’étais un débile profond. Faudrait quand même qu’ils gardent en tête que pendant qu’ils font mumuse sur leurs tracteurs, je passe mon temps à patauger dans la vase à installer des pompes à eau, à dégager ces abrutis de moutons qui n’hésitent pas à s’embourber pour boire alors que l’abreuvoir est 3 mètres plus loin (et aussi, encore moins glamour, à chopper des mycoses aux pieds), ou à poser des tonnes (au sens propre) de sacs sur des palettes. Et sans rechigner. Y’a quand même un truc sympa qu’ils me disent chaque fin de journée : « Grab a beer ! ». Ca non plus, je le fais sans rechigner !

Puis la situation s’est décantée. On commence un peu à s’intéresser à ce que je fais en France. On SOURIT ! Certes quand il y a des imprévus pendant un travail, ça s’énerve facilement dans cette famille, mais ça reste un peu plus plaisant. La solitude se fait un peu moins sentir disons. Je ne cache pas que certain soir, la gorge se nouait quand je pense à ma famille ou mes amis. J’ai vraiment réalisé à quel point ils sont importants pour moi et que je ne suis pas aussi solitaire que je pensais l’être.

Un autre truc qui m’a emmerdé un peu, c’est lorsque Brett et Jackie m’ont dit que je devrai partir avant Noël. Ça contrecarre un peu mes plans… En gros, je me serai retrouvé sans emploi en plein pendant les vacances d’été, où les jobs sont occupés par des jeunes australiens. Heureusement, ils m’ont proposé de revenir après Noël jusque fin février. C’est peut être pas un job de rêve, mais ça m’évite quelques galères je pense. En tout cas… OUF !

On ne sait jamais trop ce qui va se passer du jour au lendemain avec la famille Green. Un peu comme cette matinée où Brett m’a réveillé (brusquement) et m’a dit de prendre mon sac de couchage et des affaires pour trois jours parce que je partais maintenant. Il était 4h30. Le programme ? Roadtrip ! En camion sur les routes sableuses de l’outback australien ! Et sans climatisation. Au total, 2 pneus éclatés, 450 bornes, 15h de trajet. Je vous laisse calculer la vitesse moyenne. Au moins, ça m’a permis de profiter des paysages du Sturt National Park et du Currawinya National Park (j’ai piqué la photo sur google, j’ai pas pensé à prendre l’appareil photo ^^). Je crois que je me souviendrai longtemps de ces 3 jours !

IMGP4982

Voilà voilà ! Donc en attendant de retourner à Tero Creek, je vais passer Noël à Mazar, mon ancienne ferme. On s’est fréquentés pendant seulement 2-3 semaines mais Margaret, Colin, Patrick, Max et Andrew m’ont sacrément manqué ! Et je crois que ce Noël, je m’en souviendrai aussi pendant un bon bout de temps. En plus, ça sera le premier loin de ma famille, et en été ! J’ai d’ailleurs encore un peu de mal à réaliser…

IMGP4982

IMGP4982

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :